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Bordure brumeuse du Lac de l'Ouest à Hangzhou encadrée par des saules pleureurs

Escale poétique à Hangzhou : flânerie autour du Lac de l’Ouest

Après avoir arpenté les reliefs escarpés et découvert les villages traditionnels du Huizhou, notre périple nécessitait une étape intermédiaire pour briser la fatigue des longs trajets en bus. Hangzhou s’est imposée tout naturellement sur notre tracé à travers la Chine orientale. Réputée depuis des siècles pour avoir inspiré lettrés, poètes et empereurs, cette cité d’eau promettait une respiration bienvenue dans notre carnet de voyage en Chine.

Arrivée sous l’averse et premier refuge

Le voyage ne s’est pas fait sous les meilleurs auspices climatiques : le ciel déversait des trombes d’eau à notre descente de véhicule. Heureusement, la solidarité entre voyageurs locaux a joué à plein régime. Des compagnons de route chinois ont passé quelques coups de fil bienvenus pour nous réserver in extremis une chambre dans une auberge idéalement placée, la Mingtown Youth Hostel, nichée à l’ouest du plan d’eau. Poser les sacs à dos à l’abri de l’humidité battante a été un véritable soulagement après plusieurs heures de secousses routières.

La ferveur nocturne de Hefang Street

Dès que la pluie a faibli en fin d’après-midi, nous avons mis le cap vers Hefang Old Street. Cette artère piétonne historique, bien que restaurée pour accueillir les visiteurs, conserve un charme théâtral indéniable avec ses façades en bois sombre et sa myriade de lanternes écarlates suspendues aux avant-toits. C’est un tourbillon d’odeurs et de couleurs :

  • Des boutiques d’antiquités, de calligraphie et d’éventails traditionnels en soie.
  • D’innombrables échoppes de dégustation dédiées au fameux thé vert Longjing (Puits du Dragon), récolté sur les collines environnantes.
  • Une offre de street food foisonnante, oscillant entre douceurs au sésame, brochettes fumantes et confiseries artisanales travaillées en direct au maillet de bois.

L’effervescence populaire contraste merveilleusement avec le calme qui règne à quelques encablures de là, aux abords du rivage.

Sérénité au bord du Lac de l’Ouest

Le lendemain matin, place à l’incontournable : le fameux Lac de l’Ouest (Xihu). Immense étendue bordée de saules pleureurs trempant leurs branches dans l’eau laiteuse, le site dégage une quiétude frappante, même au cœur d’une métropole moderne. Le lac est ceinturé de digues piétonnes séculaires, d’élégants ponts en dos-d’âne et de pavillons traditionnels où les habitants viennent pratiquer le tai-chi ou jouer aux échecs chinois à l’ombre des bosquets.

Nous avons simplement marché, sans itinéraire figé, profitant de la brume qui s’accrochait aux collines lointaines et dissimulait à demi les pagodes dressées sur les hauteurs. Le rythme ralentit de lui-même : admirer les embarcations en bois glissant sur les eaux calmes suffit à faire oublier l’intensité logistique des jours précédents.

Cap sur le Jiangnan

Cette halte express mais réparatrice a parfaitement rempli son rôle. En début d’après-midi, nous avons rejoint la gare ferroviaire pour monter à bord du train reliant Hangzhou à notre prochaine destination. Un trajet rapide et confortable nous attendait vers Suzhou, la ville de canaux et de jardins, prêt à nous replonger dans l’esthétique raffinée des cités d’eau chinoises.

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